Son parcours

En 1963, elle entre dans la confection comme vendeuse au Mouton à Cinq Pattes et chez Dorothée Bis puis devient Acheteuse chez CAB où elle apprend tous les maillons de la chaîne.
En 1974, elle crée le concept des Soldes Enfantines, rue de Passy et travaille avec les meilleures marques de confection.
En 1977, elle se retire en Beauce pour vivre à la campagne avec ses enfants pendant 5 ans et reprend son activité d'acheteuse, en indépendante.
En 1981, elle passe à l'objet et crée Palimocéan avec la diffusion des cannes cerclées d'Assan, fait fabriquer des modèles inédits qu'elle présente au Moving, qui lui valent le 1er Prix du Salon en 1982. Elle revient à Paris vivre ce succès pendant 4 ans.
En 1982, elle part comme expert en Afrique faire une analyse sur l'artisanat utilitaire et sa commercialisation pour le Fond Européen de Développement de l'Artisanat Utilitaire (FEDEAU).
Dès son retour, elle crée une ligne de tissus africains pour la Mode et la Décoration, qui a initié la tendance "Afrique" à Paris et connu un magnifique succès mondial.
En 1983, elle crée une collection de poteries cerclées issue de la région de Safi et Fès, au Maroc et simultanément monte Liberté Chérie. Partie d'un clin d'oeil en rapportant une reproduction de la Statue de la Liberté en papier mâché, dénichée au Sud de l'Inde, elle rachète les droits mondiaux de la réédition de la Statue de la Liberté, à l'occasion du Centenaire de sa Restauration en 1986. Elle travaille avec la Manufacture Nationale de Sèvres et les Ateliers de moulage du Louvre pour éditer une collection exceptionnelle de la Statue de la Liberté, dont on parle encore.
En 1985, elle ouvre à son nom un espace Galerie de meubles et d'objets d'art, rue Godot-de-Mauroy, où elle célèbre en grande pompe en 86, le Centenaire de la Statue de la Liberté et expose la robe de la Statue, crée pour l'occasion, par l'Ecole de la Haute Couture Française.
En 1988, à la suite de circonstances inattendues, la ville de Semur-en-Auxois lui octroie les droits mondiaux de l'original du Génie de la Bastille; elle collabore notamment avec les Compagnons de la Monnaie de Paris pour la réalisation d'une édition exceptionnelle qui lui vaut les éloges de la presse internationale.
En 1992, elle s'installe aux Puces de Vanves et innove en étant la seule à créer une mise en scène façon Déco, Décors d'un jour, démontés le soir même et remontés le lendemain. Ce passage lui permet d'apprendre l'éphémère et d'enrichir sa clientèle.
En 1994, elle conçoit une collection de paillassons en fibre de coco qui remporte, là encore, un succès lui valant les suffrages auprès de la presse et de tous les publics. Invitée à participer aux expositions thématiques des Galeries Lafayettes sur l'Afrique et l'Inde, elle complète ainsi la qualité de sa renommée et renforce son carnet d'adresses.
En 1995, création de son Entreprise "Le Bateau de Safran".
Elle déniche un entrepôt désaffecté dans le 20ème à Paris où elle rassemble des meubles, tissus et objets qu'elle propose d'abord en privé. Entourée des trésors de l'Inde mythique, dans une féerie de tissus précieux, elle installe son théâtre et ses décors, surprise elle-même de recréer l'atmosphère de son enfance.
Peu à peu, elle enrichit sa collection de châles Jacquards et de Pashminas du Cachemire, qu'elle présente en avant-première à Maison & Objet, à la pointe de l'actualité. Là encore, succès !
Elle réinvente le charme des Routes de la Soie, célèbre le savoir-faire, se noue avec les meilleurs professionnels de l'Inde, qu'ils soient tisserands, maîtres-teinturiers ou brodeurs, perpétuant ainsi l'amour des métiers, qui force l'admiration de sa clientèle.
Une Maharanée en son bateau : le parcours d’une amoureuse de l’Inde.

Sophie Lescot :
“De tous mes voyages, c’est l’Inde qui a su captiver mon cœur. J’y suis arrivée, complètement par hasard, il y a bientôt 30 ans, depuis, c’est comme si, je n’en étais jamais repartie !” Aussi souvent que possible, je sillonne l’Inde à la recherche de nouveaux trésors, étoffes, meubles ou objets, témoins d’artisans et de leur savoir-faire extravagants et savants, témoins aussi de toutes ces cultures, qui l’ont traversé tout en la laissant intacte. En Inde, il y a des miracles au quotidien.
L’Inde me renvoie à mon enfance, me redonne l’équilibre que l’on perd en grandissant.
J’ai le sentiment d’avoir traversé le miroir et d’être entrée dans le jardin secret, extraordinaire ou les hommes et les dieux se côtoient. Etait-ce bien un hasard qui m’a menée en Inde ? Peut-être une des facéties de Ganesh ?
Je ne cherche pas à m’adapter, je me fonds dans le paysage, dans les foules, je suis comme une éponge ; dans les Etats du Bengale, du Pendjab, du Rajasthan, du Kerala ou de d’Orissa à Delhi, Bombay ou Madras, je m’imprègne des différents styles de vie, des manies, des coutumes, j’aime observer les gens, je savoure leurs qualités de noblesse, ténacité, humour, tendresse et tolérance. J’y retrouve avec bonheur mes amis indiens qui s’amusent de mes passages en coups de vent et de mes retours en fanfare, chargés de trouvailles qui les éblouissent de leur propre pays. Haltes enrichissantes ou j’apprends légendes et secrets que je m’empresse de transmettre à tous mes clients et visiteurs lors de mes expositions.
Au fils du temps et des circonstances, j’ai crée “Le Bateau de Safran” un lieu (en Inde ou dit “Un Emporium”) où j’ai mis en scène, reconstitué et imaginé tout à la fois, une riche demeure, mi-palais, mi-résidence d’été, d’une Maharanée”

Forte de ces expériences, Sophie Lescot ouvre le Bateau de Safran dans un entrepôt désaffecté du 20ème arrondissement de Paris, où elle reçoit les professionnels, les décorateurs et les particuliers toute l'année.